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20/05/2018

Feria de Pentecôte, Nîmes 2018

Samedi 19 mai- Juli, Castella, Andy Younes/ Garcigrande

Arènes pleines pour ce classico dans une ambiance d’enfer. Devenue assez rapidement étrange avec des rondes de militaires en armes autour des arènes, un hélico bruyant au-dessus de nos têtes, une manifestation anti-taurine à nos portes et l’ami Rudy qui tente de couvrir les « Assassins, Assassins » du dehors par une Marseillaise du dedans, guerrière, amère et au fond assez impuissante. Le cri d'une forteresse assiégée. Fracas de Falloujah (Irak).

La guerre était donc dehors. Car pour le dedans, il faudra repasser. Une corrida affreusement anovillada, sans trapio, sans cornes, sans pique, à l’exception peut-être du 5 qui, pour avoir un peu un comportement de toro, passera pour incommode.

Castella, en forme, gagnera haut la main ce «  Danse avec les stars », injonction ici adressée à l’innocent bétail sorti en piste.

Début de faena sur le 2ème à genoux. Pas du tout par défi, mais pour se mettre à hauteur de son adversaire. Très grosse série toréée et templée, que la moitié du torero donne à cette moitié de toro, qui porte sur le gradin. Castella saura entretenir le feu avec de beaux gestes face à un « toro » dont la belle mobilité avec codicia fait pardonner l’ innocence : changements de main souverains, grand temple la plupart du temps, main basse quelquefois, le petit tunnel en milieu de faena comme souvent avec Castella puis un final impressionnant, quoique à contre style de son « adversaire » qui en avait encore beaucoup sous le sabot, sur un terrain réduit, d’une douzaine de passes sans bouger (tres en uno, redondo à l’endroit et à l’envers) qui asphyxie le toro. Belle épée à effet lent. Deux oreilles pour cette faena pleine d’aisance, où le torero s’est borné plaisamment à jouer le faire-valoir avec sûreté et aguante mais sans vrai poder ni arte. Dans deux jours, on ne se souviendra plus de l’ouvrage.

Du second non plus au demeurant, un andarin sans grande classe mais mobile, auquel Castella ne s’accorde pas en dépit de ses efforts dans une très longue faena, ou les palmas suppléent la musique qui, à très juste titre, tarde à jouer : enganchones à gauche, trois pas de replacement à chaque passe à droite pendant que des éclairs zèbrent la piste sous un ciel noir où gronde le tonnerre. Seule une entame de faena pleine d’originalité, de fantaisie et de toreria nous comble : des aidées par le haut, à genoux, de très grande beauté. Entière. Deux avis. Deux oreilles. C’est sans doute la récompense de la bonne volonté.

Andy Younes, ce jeune homme au visage d’enfant qui défile au paseo en lançant drôlement les jambes en avant dans des ondulations de ballerine, a su profiter des toros choisis pour ses compagnons. Joli faenita sur son premier, anovillado et brocho, avec trois ou quatre derechazos étonnants de temple et de profondeur (« muy hondos »), puis un final en réduisant le terrain, mais lui, à la différence de Castella, parce que son torito, vite éteint, n’avait plus rien à donner. Oreille et même oreille sur son second, combattu sous la pluie pendant que j’étais au bar des arènes.

Juli, comme nous, a succombé à l’ennui et à l’anodin de son lot.

Pénible impression de lassitude taurine tout le long de l’après-midi où seuls de vibrants hommages aux joueurs de Nîmes Olympique, par chants de stade des Costières repris par tout l’amphithéâtre, nous a un peu animés.

A propos de foot : je songeais en voyant ces toreros punteros, de haut de classement et de si grand métier, face à ces «  Garcigrande » sur mesure mais si peu à l’échelle, à la Coupe de France 2018. Mais le PSG/Les Herbiers procédait d’une inattendue sélection sportive avec sa part d’alea. Que dirait-on du PSG s’il choisissait son match et pour nous en offrir un de qualité de combattre Les Herbiers ? Croyez-vous que le stade serait plein ? Dans le mundillo, nous en sommes là. Je crois que je vais m’abonner au Stade des Costières.

 

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