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12/09/2016

Arles, 10 septembre 2016, Goyesque- Luis Francisco Espla, Morante, J. Bautista/ Zalduendo

« S’il te plaît dessine-moi un mouton ». On se souvient de l’antienne du Petit Prince, toujours insatisfait des dessins que le narrateur lui présentait jusqu’à ce que celui-ci dessine finalement une caisse en bois en lui disant qu’il y avait un mouton à l’intérieur, ce qui combla l’enfant.

La goyesque d’Arles est, depuis plus de dix ans, la caisse dans laquelle nous imaginons, nous autres - tel le Petit Prince un mouton qu’il souhaite si parfait qu’il récuse tous les vrais - une corrida. Sous le tralala, le falbala, les couleurs et les rubans, un ruedo saturé de badigeons, ces habits d’opérette un peu ridicules, ces monteras en croissant de lune que l’on tient à la main car l’on hésite toute de même à se les ficher sur la tête, on se pomponne pour faire bonne figure, comme on se maquille pour donner le change.

Ajoutez à cela, à Arles, le plus souvent un baryton barytonnant, des chœurs très présents, ou, cette année, un violon électrique vaguement tzigane et tout à fait hors de propos, et vous tenez la grand messe de Septembre, avec sa crèche vivante.

Si les goyesques ont évidemment une place singulière pour l’aficionado dans certains lieux choisis- Ronda, Antequera et Arles évidement- pour ce qu’elles sont, un festival plutôt qu’une corrida, pareilles à ces cônes surprises de notre enfance, en papier mâché orange ou brun, à l’embout fermé par une jolie ganse, et dans lesquels il fallait fourrer le bras quasiment jusqu’au coude pour récupérer trois breloques dans beaucoup de vide, à ce point comblés par l’idée du cadeau qu’on en était indifférent aux présents qu’il renfermait, la période crépusculaire de basses eaux taurines où nous barbotons depuis quelques années ont tout changé. Surtout quand la goyesque est présentée non plus comme une heureuse et marginale partie de campagne, un déjeuner au pré en dentelles, mais comme L’Evénement d’un cycle taurin. Où le décor tient lieu tout entier de spectacle. Comme dans Saint- Exupéry, la caisse, de mouton.

A cet égard, en dépit de la haute estime dans laquelle chacun d’entre nous tient le torero Luis Francisco Espla, artiste à ses heures, et de la belle audace de Jean Baptiste d’avoir fait appel à lui pour décorer le ruedo, la goyesque 2016, avec ses airs de faux tapis de salle de congrès à Dubaï, m’a déplu. Décoration laide, philosophico-cabalistique, lourdingue et appuyée – ici une « Maja desnuda », là la croix de Camargue, ici des rayons de soleil maçonniques, là un sacré-cœur très catholique, un peu de tout peu de tout un peu de rien, et cerise sur le gâteau – indigeste ! - inachevée, avec sa talanquera rouge sur les côtés, comme si on avait manqué de temps pour remater le tout.

Question breloques dans le cône-surprise, six Zalduendo très anovillados, sans trapio, deux très faibles ( le 1 et le 5), le dernier étant plus sérieux, surtout de tête. Trois avec du jeu (3, 4 et 6). Le 2 assassiné à la pique, on ne saura jamais…

Soyons beau joueur, c’était quand même bien de revoir Espla. Des lambeaux de souvenir sur sa première faena, l’allure intacte dans le maintien, quelques gestes d’un souverain (molinetes outrepassés, passes du mépris, faroles, et cette façon qu’ont les anciens quand la souplesse s’évapore de se tenir les pieds bien en terre, la taille un peu raide mais qu’on oblige en tendant le bras et en jouant d’un poignet encore de porcelaine) devant un «  adversaire » qui hélas s’affale (une oreille pour le souvenir), toreria et autorité sur le second, un quite par navarras gracieuses et enlevées, un début de faena de grande classe lorsqu’il conduit le bicho des barrières au centre puis à la fin quand, méchamment renversé et repris dans des hurlements de foule, il se relève du sang sur le front, reprend les armes, chasse le péonage et se rue vers son toro qu’il châtie d’une série vengeresse et grandiose. Ces surgissements de vérité dans l’opérette goyesque, vérité de la corrida et vérité d’un homme, en font presque oublier l’accoutrement du vénérable torero (une oreille).

Juan Bautista fut étonnant de plénitude. Un maître de maison auquel la réussite de sa soirée donne des ailes : l’arène était quasiment pleine, le public bon enfant, les toros sortaient sans vice, la banda Chicuelo sous la baguette de l’ami Rudy sonnait parfaite - n’aurait été ce violon épiphyte…

P…. que cela doit faire du bien ! Surtout une arène pleine !

Verticalité, sérénité, grande aisance et, ce qui est plus rare chez lui, inspiration et toreria. Tout lui était facile, face à son premier, un toro monopique comme les autres, mais vif et plein de codicia, dont le torero a su profiter en lui servant dans le sitio des passes d’une douceur exquise, brodant des enchaînements inattendus, jouant mais jouant à deux, comme en fin de faena lors de cet enveloppement des jambes au ralenti, dans le pico de la muleta à la faveur d’un molinete inspiré dont il se dégage soudain en châtiant son partenaire d’une passe basse vipérine, comme s’il voulait le punir d’une étreinte à laquelle chacun avait pris un trop grand plaisir. Ce point final tout de violence contenue après tant de volupté est peut-être ce que j’ai vu, cette année, de plus artistiquement inspiré. Epée phénoménale al recibir (deux oreilles et la queue que je ne mégotte pas). La faena suivante devant un adversaire enfin conséquent de cornes, celles-ci vraiment superbes, m’a paru moins dense, le toro marquant des signes de faiblesse, mais l’élégance et la sérénité du maestro étaient encore au rendez-vous. Recibir en attendant à cinq mètres la charge du toro. Epée à nouveau phénoménale, plus encore que la précédente. D’anthologie (deux oreilles). Olé torero !!!!!

Morante était dans un jour avec mais ses adversaires ne lui ont pas permis de donner toute sa mesure. Le premier, pas franc dans le capote mais qu’il a tout de même conduit au centre dans une tauromachie à l’ancienne , sûre et de belle facture, a été assassiné à la pique puis achevé de très vilaine manière par le donneur d’ordre sous une gigantesque bronca, cette dernière, assez peu bal masqué à Venise…. Le suivant était terriblement faible. On entendait les dévots crier « Olééééééé » au temple du maestro, fascinés par la lenteur de la passe quand le toro était à genoux. Ici ou là attitudes de cartel. Plus que des gestes. Le tout insignifiant.

Ce qui l’était moins, c’était d’apercevoir le grand et imprévisible Morante porter sur les épaules son aîné, Luis Francisco Espla, lors de l’ultime vuelta et de la sortie en triomphe de ses deux compagnons de cartel, devant une foule pleine de gratitude. L’artiste andalou en costalero d’un maître de la lidia de naguère. Le geste, le paradoxe et le chiqué : c’est tout lui !!!

27/08/2016

Bilbao, 26 et 27 août 2016 - La révélation José Garrido

Bibao, 26 août 2016- Lopez Simon, José Garrido/ Torrestrella

Le burn out et l’ambition

Dans une corrida il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas, ce que l’on devine et ce que l’on apprend le lendemain par la rumeur ou par la presse.

Ce que l’on voit, bien sûr, c’est la colère de Vista Alegre qui proteste avec force par sifflets et clameurs durant tout le paseo, réduit à un mano a mano faute de remplacement du torero Roca Rey, l’estrella annoncée de cette corrida, forfait pour convalescence après blessure. Bilbao est frustrée et furieuse. Ce que l’on apprend le lendemain ce sont les négociations inabouties en vue de trouver un remplaçant que les exigences de Lopez Simon ou de son entourage auraient vouées à l’échec.

Ce que l’on voit aussi, ce sont les six exemplaires magnifiquement présentés, en trapio et en cornes, de l’élevage du jour. Deux seront applaudis à leur entrée en piste ( le 2 et le 5), trois à l’arrastre ( les 1, 2 et 5). Des toros qui vont avec allant et poussent à la pique, cependant épargnés à la seconde, exigeants, avec un incontestable fond de caste, la plupart offrant un combat possible. Le 3 et le 6, mansos et décastés, d’un moindre intérêt. Les 2 et 5 nobles.

Ce que l’on voit c’est aussi que Lopez Simon n’est pas dans son assiette, qu’il se fait désarmer deux fois à la faena de muleta sur son premier, que s’il consent au sitio face à un toro à la charge brutale et assez violente, il manque de recours pour dominer son affaire qui tourne court jusqu’à ce que son verduguillo (descabello), d’un violent coup de tête du toro, soit projeté dans le public au tendido 5. Lopez Simon ira, aussitôt le deuxième en piste, s’excuser depuis la callejon auprès du spectateur légèrement blessé à la main et ce sera son plus beau geste de l’après-midi, quoique plus urbain que taurin. Ce que l’on voit aussi, c’est que notre torero sera injustement sifflé sur son second, décasté, tardo, sans intérêt pour l’aficionado, quand il prend la décision d’évidence d’abréger le combat.

Ce que l’on ne verra pas en revanche depuis notre rang, ce sont ses larmes, son abattement, sa crise d’angoisse nous dira la presse du lendemain, son départ vers l’infirmerie, la respiration coupée. On s’apercevra un peu plus tard, qu’en effet, il n’est plus dans le ruedo, que son compagnon José Garrido qui venait de toréer le quatrième, s’apprête pour le suivant, le six sortant à la place du cinq, et l’on comprendra alors qu’il doit y avoir un problème. Ce que l’on voit aussi, c’est que Garrido toréera également le sixième, et on comprend alors que le problème de Lopez Simon doit être assez sérieux.

C’est le burn out du torero. Un burn out en plein combat. Comme les soldats de 17 qui, épuisés ou écoeurés, refusaient de remonter au front, y préférant le conseil de guerre. Ces soldats de 17, qui avaient 18, 20 ans comme nos fils, qui avaient vu tomber tant des leurs dans une guerre imbécile, cruelle, interminable et mal commandée, m’ont toujours beaucoup touché. Certes pas des héros, mais des hommes, las comme des hommes, désireux d’en finir comme des hommes, vidés de tout comme des hommes. Des humains dont la dernière détresse est de raisonner encore en se disant que le jeu n’en vaut pas la chandelle, même quand il n’y plus la moindre flammerole pour réembraser la vie.

Un tel abandon à mes yeux n’a rien de pitoyable. Il est plutôt tragique, comme la vie, c’est-à-dire grandiose, douloureux, et inéluctable. Longue vie et tous les bonheurs possible à Alberto LS, dans ou hors le ruedo. Ce jour il a porté sa mélancolie à incandescence. Et cela me plait.

Le contraste était évidemment saisissant avec l’ambition chauffée au fer rouge de José Garrido, jeune torero de 23 ans, qui, dès l’entame au capote sur son premier toro, a ébloui les arènes par une série de véroniques, deux à genoux, sept ou huit à suivre, vibrantes de toreria, la tête baissée sur la poitrine, la ceinture en mouvement au passage de l’adversaire. Belle faena face à un toro exigeant, aux armures impressionnantes. A la muleta, la série d’entame est gorgée d’arômes avec trincherillas, aidées par le bas et pecho ; suivent deux courtes séries de la droite adaptées au (petit) moral de l’adversaire, des derechazos longs et templés, puis une main gauche où la corne le cherche mais qu’il travaille, parvient à apaiser avant de réduire les terrains pour une porfia finale, très très méritante (saludos).

Toreria au premier, pundonor au suivant, un manso con genio qui se bat et face auquel il se trouvera en échec. Pundonor cependant quand pris par la chaquetilla lors des bernardinas finales inutilement exposées face à un tel adversaire, il se relève et part au front pour en dessiner de nouvelles, pris encore, revient en offrir deux de plus. Le toro gagne aux points mais tant de verte obstination est épatante. Enorme épée qui pourrait appeler l’oreille. Pas à Bilbao où la pétition n’est pas majoritaire (vuelta enthousiaste).

C’est sur le suivant que notre torero sera valiente, et même muy valiente. Ce cinquième est noble avec beaucoup de présence, de caste et un brin de violence dans le commencement de la charge et en fin de passe. Doblones un genou en terre en progressant au centre, pecho énorme. Garrido se met ensuite un peu le toro dessus, faute de troisième temps de la passe. A gauche s’y frotte, s’y pique. Persévère, fait face, croisé, dans le sitio, allonge le bras. Alors, la magie opère en trois séries allant a mas, énormes de tout, de dessin, de rythme, de présence altière du toro, de dominio. De toreria.

L’arène suit ; l’arène s’enflamme de « olés » ; l’arène est sûre, en dépit de quelques défauts de jeunesse, de tenir enfin une relève possible.

Le sixième combat sera sans doute celui de trop mais on se régale de voir Garrido aller accueillir son dernier adversaire – le quatrième !- à porta gayola. Il la rate, court derrière son toro, sert deux afaroladas de rodillas, le ciel menace, le torero fatigue, nous aussi un peu.

Toreria, pundonor, valiente. José Garrido sort de cette belle bataille en conquistador heureux.

Bilbao, 27 août 2016- Castella, Perera, Garrido/ Fuente Ymbro

Les six exemplaires, tous encore magnifiquement présentés (trapio et cornes) mais outrageusement décastés ou faibles ou les deux mettent à vif la patience du public devant des toreros très concentrés, qui font de leur mieux, insistent, mais n’en peuvent mais.

Jusqu’au septième ( !) sorti en remplacement du dernier, invalide. Le toro sort faible (pousse mais est épargné à la pique), on devine cependant davantage d’allant que chez ses congénères. Ce toro se reprendra à la faena de muleta et se révèlera très noble et de très grande classe.

José Garrido, fort de son gros succès d’hier, qui lui a valu des applaudissements nourris dès la fin du paseo l’invitant à venir saluer la foule, le sent, le voit, commence la faena à sa manière, toujours pleine de toreria (doblones dessinés un genou en terre, trincherillas souveraines), s’accorde bien à droite, améliore son adversaire, le cite pour les séries chaque fois de différente manière et fait , comme hier, se lever les tendidos avec sa main gauche en quatre séries énormes, profondes, le tissu à terre, allant a mas, face à un toro qui donne sa densité au tout. C’est plus que beau. Grosse série droitière de la même eau, une série à genoux pour finir- devant de telles cornes il faut l’oser !!- et longue préparation à la mort, dans un silence sépulcral. Epée phénoménale.

Deux oreilles, sortie en triomphe. Garrido ramasse une poignée de sable taupe du ruedo pour se le mettre sur le cœur. On le comprend…

Dans le marasme ganadero, voilà au moins une belle ambition et une belle espérance. C’est la première fois, avec Garrido, que je me lève en cours de faena depuis…. qui vous savez il y a quatre ans à Nîmes.

25/08/2016

Bilbao, 25 août 2016 - Curro Diaz, Paco Urena/ Victorino Martin

« Runrun » des grandes courses. Ce n’est certes pas le nombre (l’arène est pleine aux 2/3), c’est la motivation ! Grand Soleil et chaleur montoise. Ambiance au paseo, les deux compagnons de cartel s’embrassant avant de défiler, ce qui est peu commun et aurait dû nous alarmer…. Hommage à Escribano pour cette course que sa longue convalescence ne lui permet pas de combattre, qui est dans le burladero et auquel Curro Diaz brinde son premier toro et Paco Urena le suivant en invitant son compagnon de cartel comme témoin. Tout cela faisait un peu alternative… D’assez mauvais présage aussi.

Une corrida c’est souvent plus une arène qu’un cartel. Et c’est le plus souvent l’arène qui donne le ton.

Et le ton était à la franche déception, par tranches de 2 toros.

Aux deux premiers, d’une grande noblesse, le public qui voulait de la bagarre, du vice et de la fourberie animale en fut quitte de ses espérances viriles. Il a eu de beaux gestes, et mêmes des très beaux (une faena de naturelles de Curro Diaz sur le premier, la muleta tenue à bout de doigts, comme suspendue, dessinant la passe sans forcer, esthétisante à souhait ; un Urena vertical, au toreo relâché, très près du corps, la main basse), les deux appelés à saluer, mais le public regrettait manifestement que leurs adversaires, qui marquaient quelque signe de faiblesse et étaient dépourvus de toute âpreté, ne les aient pas contraint davantage au combat, le vrai.

Aux deux suivants, pas des foudres de guerre, mais moins commodes (le quatrième, un très beau gris qui pousse à la pique), l’arène a manifestement goûté que ses préjugés fussent à ce point fondés. Les toreros font ce qu’ils peuvent, c’est-à-dire peu, plutôt fuera de cacho, tout au dessin de la passe sans lidia, ni recours, ni dominio. Echec, pinchazos, descabellos, sifflets épars.

Mais c’est sur les deux derniers que Vista Alegre donnera sa pleine mesure.

Curro Diaz tombe sur un grand toro, pas brave à la pique, mais noble et encasté, d’une très grande présence, qui répond au moindre cite avec puissance et qui fait l’avion dans la muleta. On croit, après le désastre de la lidia aux deux premiers tiers, que le torero aura à cœur de ne pas laisser filer sa course, la première dans le coso bilbaino- il a défilé tête nue. Je dois être le seul à le croire et à m’en réjouir dès les trois premières séries vibrantes. Mais Vista Alegre, elle, voit que c’est le toro qui fait la faena et pas le torero. Sans illusion, et Curro Diaz pas bien longtemps non plus, ne sachant trop que faire de cet adversaire qui est, ce jour, bien au-delà de sa mesure. Les sifflets qui l’accompagnent lorsqu’il va chercher l’épée de mort sont la pire des sanctions. L’autre viendra quelques secondes plus tard quand l’arène entière applaudira la dépouille de ce grand toro sans maître.

Reste le dernier d’Urena, le plus Victorino de tous, puissant, joueur, vicieux. Et je n’ai pas à vous faire un dessin : ce sera une autre forme d’échec. Sans doute moins pire mais bien affligeante aussi.

Et quand les deux maestros sont sortis sous les sifflets plus que sous les applaudissements, entre les tonitruants «  Fuera Fuera » qui fusaient et les «  Toreros para los turistas » que je prenais nécessairement pour moi compte tenu de mon état de béatitude aux deux premiers…., je ne m’étonnais plus guère d’avoir lu dans la brochure d’un club taurin local qu’on se demandait qui avait pu concevoir un tel cartel, de quelle imagination malade il était le fruit.

C’est qu’à Bilbao on aime les combinaisons qui marchent, les associations qui ont du sens. On ne met pas une ballerine devant un fauve. Et ici, on ne croit pas trop aux miracles….