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28/08/2011

Triomphe de Morante à Bilbao

Bilbao, 23 août 2011- Morante, Manzanares, David Mora/Nunez del Cuvillo

Ruedo taupe et ciel de plomb, nous sommes bien à Bilbao !  Les armures des toros le confirment, longues, astifinas, levées au ciel, incroyablement menaçantes des gradins ! Un lot de Nunez del Cuvillo de présentation exceptionnelle et de beau comportement, mobiles, d’une noblesse encastée, sauf le dernier, dangereux, la tête en encensoir et qui cherche l’homme.

Les sociétés archaïques sont sensibles aux prises du pouvoir, peu en importe les moyens dès lors que la chevauchée est brillante. On se souvient du président Mitterrand, la main en chasse-mouche,  balayant les derniers scrupules de Jean-Pierre Soisson, homme a en avoir peu, élu à la présidence  de l’assemblée régionale de Bourgogne grâce aux voix du Front National, d’un définitif « Quand on est Duc de Bourgogne, on le reste ». La messe était dite et on n’y revint plus.

Avec Morante ce fut pareil. Un toro de belle prestance, à la robe beige foncé (colorado bociblanco), à la tête impressionnante, s’étant employé sans classe mais avec force sur les deux piqueros, avant que la présidence ne fasse sonner le changement de tercio. Peu importe les clarines pense Morante qui sert encore, plié en deux, une quinzaine de capotazos au pied du cheval avant que le toro n’y retourne pour être piqué une fois supplémentaire, à la barbe de tous. Rumeurs de foule, plus désapprobatrice encore quand, quelques instants plus tard, la muleta empoignée à deux mains, Morante châtie son adversaire d’une dizaine de muletazos par le bas, qui ne laissent augurer rien de bon. Il suffisait cependant d’observer que ces muletazos étaient vipérins mais bellement dessinés, précis, efficaces, et donnés en gagnant le centre, pour se convaincre que le projet du torero n’était pas celui que redoutait la foule… Alors, dans cette position singulière qui est sa signature, de trois quarts, à mi-distance, Morante a embarqué le toro, le corps à l’oblique, dans deux séries de derechazos souveraines. Il tente à gauche, mais le tio ne passe pas, reprend la main droite, s’accommode à la charge vive de Cacareo (c’est le nom du toro, « Cancannier ») et termine par trois passes d’une densité et d’un temple inouïs, liées au pecho, en gagnant le centre. Vista Alegre est abasourdie par tant de toreria, mais la faena va prendre encore de l’ampleur. C’est une main basse qui tient la muleta, l’autre bras du torero tendu vers le ciel, une taille qui se dévisse interminablement au passage, un corps qui s’étire, une figure du Bernin,  le tout  sculpté au possible et l’attitude d’ensemble aérienne. C’est cette alchimie de toreria qui pèse et de grâce de la position qui est unique avec ce torero. La passe est dessinée mais puissante, belle mais utile, un toreo d’évidence dès lors qu’un toro s’emploie, et que l’on ne voit guère en d’autres mains. Il y a dans cette force et dans cet art, l’âpre énergie d’un Michel-Ange - Manzanares, lui, serait plutôt un Raphael. Mais ce n’est pas encore terminé : sans rien consentir qui ne soit utile à la conduite du combat (rectifier sa position, dominer la bête, la retourner à sa main), il y a encore une inattendue passe de las flores, liée au changement de main puis les naturelles à suivre, où le toro désormais s’emploie, qui soulèvent l’arène, debout, aux cris de « Torero ! Torero ! ». Morante va chercher l’épée, sculpte une aidée par le haut puissante comme le marbre, une aidée par le bas empoisonnée, conclut d’une trinchera et nous voilà encore debout face à tant d’évidence torera. 2/3 d’épée, le toro s’effondre. Le président, auquel Morante a pourtant volé une pique supplémentaire, sort les deux mouchoirs sans attendre, puisque nous avions tous vu.

Toute la corrida fut belle : une cuadrilla de Manzanares brillantissime ( Curro Javier sur son premier en deux paires qui ont à elles-seules amélioré le toro, jusqu’alors manso et réservé et qui s’est révélé d’un beau comportement ; JJ Trujillo sur le cinq) ; José Maria toujours gracieux mais dans une première faena allant un peu a menos, puis récompensé d’une oreille sur le brave cinquième après un travail plus recentré, plus près du corps avec beaucoup de mando et une épée al recebir ; David Mora, le torero qui sort de l’ombre, cite de loin, se croise bellement et dessine des naturelles longues, lentes, le tissu bas avant d’échouer à l’épée, puis, porté par cette journée d’exception, se confie trop sur le dernier, merveilleux de présentation, mais à la tête très mobile et sur laquelle au final il ne parvient pas à peser.

Il est des chefs d’œuvre dont la puissance d’émotion aspire tout. Et quand l’oxygène manque à ce point, on se sent euphorique, comme en haute montagne. A la fois léger, hagard, épuisé, heureux, insouciant, traversé par flots de joies inaccoutumées et ensorcelantes ; on ne sait trop si l’on a envie de boire ou de courir mais on aspire à un épuisement final qu’on se flatte d’espérer tant on est sûr qu’on est déjà au-delà de toute raison.  Oui, cette faena de Morante avait les charmes de l’opium pur.

Bilbao, 24 août 2011- Juli, Talavante, alternative de Jimenez Fortes/Jandilla

Peu de chose, sauf la mort d’un grand toro, belle à voir comme c’est peu dicible. Pas la mort en elle-même bien sûr, ni cette résistance à mourir que dicte quelquefois la bravoure, le toro terrassé par l’épée puisant une énergie dernière à retarder sa chute. Non, pas ce type de mort. Celle-là n’était plus un combat, c’était une sagesse. En voyant ce Jandilla combattu par Talavante traverser le ruedo pas à pas, sans fléchir, presque sans broncher, au rythme d’un vieillard qui sait sa fin dernière et ne s’en offusque pas, souhaitant seulement en finir la tête haute, avec dignité, on songeait aux martyrs chrétiens des premiers âges. La scène était saisissante de ce toro refusant de mourir là où il avait été frappé pour s’efforcer de rejoindre les siens, de l’autre côté de l’arène, près du toril d’où il était sorti 20 minutes auparavant pour son dernier combat, ou -qui sait ?- les terres célestes des toros bravos. Cette traversée lente du ruedo n’était pas une agonie, c’était une traversée du Styx, interminable, résolue et grandiose. Chacun comprenait qu’il ne revenait à quiconque de l’interrompre ou de la profaner. Talavante était bien un peu embarrassé, nous aussi au fond, mais la noblesse de la scène nous imposait le respect. Alors, sans que l’on sache bien pourquoi, on s’est tous levé et on a applaudi à tout rompre, au bord des larmes, au bord du gouffre. Et quand le toro est tombé, on était 8 000 à lui fermer les yeux, orphelins de son mystère.

Lourd (552kgs), cornivuelto et astifino, plutôt brave à la pique, avec une tête guerrière mais un peu vicieuse. Talavante l’a toréé avec aguante, tirant une première série avec beaucoup de mando, puis le citant de loin, souverain de la main droite en deux derechazos interminables, la main basse, puis une trinchera et une passe basse où le tissu s’évapore. A gauche, il lui a servi los vuelos de sa muleta, très fluide comme à l’accoutumée. C’était valeureux mais un peu à contre-style de la tête si mobile de son adversaire qu’il convenait sans doute de mieux contenir. Une faena un peu en dessous de ce toro, mais la seule que nous ayons vue d’un après-midi de peu.

El Juli, mal servi, a accompli un trasteo adapté à son premier, de peu d’intérêt, décasté, qui humiliait peu, et à la tête haute en fin de passe ; un travail intelligent d’une précision d’horlogerie, mais lointain. Son second était invalide. Il l’a toréé du bas vers le haut pour éviter la chute avant d’abréger à juste raison.

Jimenez Fortes, grand jeune-homme de Malaga, prenait l’alternative à Bilbao. C’est fort rare pour un torero du for, tant les toros sont ici d’une présentation redoutable pour qui a peu de recours. Ce fut une alternative sans conséquence, et tant mieux pour sa mère, novillera des années 70, ce jour en barrera sol y sombra, à laquelle il a dédié son premier combat. Il a hérité du lot le plus noble, mais armé comme les autres, et nous songions à sa mère quand, entre deux jolis gestes bien dessinés, il se les mettait dessus. Très belle épée à son second.

Bilbao, 25 août 2011- Ponce, Juli, Perera/Victoriano del Rio

Il faut toujours se méfier des impressions générales, elles déteignent ! C’était une corrida en deux parties et la première fut très entretenue. Hélas, la seconde moitié fut désastreuse (deux infumables, et un invalide) et c’est cette impression qui demeure.

Il est vrai que les toros sont sortis juste de présentation pour Bilbao, ayant pris deux piques avec peine, et marqué divers signes de faiblesse. En outre, Ponce, ici une véritable idole, mal servi, n’a rien pu faire. Alors quand vous demandiez aux Basques ce qu’ils avaient pensé de la corrida du jour, ils répondaient « Los Victorianos ? Al Rio », soit à peu près «  Ces toros ? A jeter par dessus bord ! ».

Pourtant, il y eut deux toros nobles et deux faenas. La première du Juli qui était déjà venu au quite sur le premier toro de Ponce, que l’on sentait en désir de triomphe et qui a offert son combat à El Viti, lequel fêtait, bienveillante statue du commandeur de la toreria des années 60 et 70, son 50ème anniversaire d’alternative dans le callejon. Le Juli tient son toro dès la première série à droite, mais la bête relève la tête en fin de passe et se retourne vivement. Juli torée à sa manière très sûre, et domine. Le toro est moins facile à gauche, et les naturelles sont lointaines, sauf la dernière après replacement, large, basse et templée. On reprend la main droite, et le plus beau est à venir : un changement de main dans le dos et deux naturelles qui suivent, énormes, à tirer des « olés » de feu. Une même série en suivant et les naturelles sont plus belles encore. Cette faena est d’une oreille à n’en pas douter. Mais Juli qui tient son succès à Bilbao, hésite, l’épée levée. Pinchazo, une demie, descabello. Saludos. Son second sera très avisé et le menace deux fois au pecho. Juli sera précautionneux sur des sifflets épars.

Perera nous revient et c’est tant mieux. Son toro- le troisième de la course- a cinq ans, pèse 575kgs, marque certains signes de faiblesse, est manso mais avec du jeu. Le torero construit bellement une faena qui va a mas, très vertical, la main basse, des passes templées, au long court des deux côtés avant deux dernières séries phénoménales. D’abord un enchaînement ensorcelant d’un molinete, passe du cambio, puis changement de main pour dessiner des naturelles, et dresser un mur d’aguante et de poder en un tres en uno sans bouger d’un pouce dans un terrain étroit. La série à suivre est de même tempérament avant une circulaire inversée continuée par un changement de main qui laisse le toro parado. Hélas, l’épée est défaillante. Pinchazo, 2/3. Saludos de gala.

Les trois toros à suivre devaient hélas déteindre sur l’après-midi. Ajoutez des applaudissements à tout rompre lors de la sortie de Perera, qu’ici la presse et les « vrais » aficionados n’aiment guère, et vous aurez la couleur de l’opinion dominante, dont, comme les idées générales, il convient toujours de se méfier.

Bilbao, 26 août 2011- Ponce, David Mora, Daniel Luque/Alcurrucen

C’est jour férié à Bilbao et les indépendantistes défilent place Moyua, quelques hommes en jupe traditionnelle bleue de chauffe qui s’arrête à mi-mollet, fort peu seyante, tous les autres- les jeunes surtout- avec cette coupe de cheveux si laide, qui vous fait une frange ras le front, le reste pendant des deux côtés, genre Jean Reno dans « Les Visiteurs »- le film. Les affirmations identitaires ont manifestement la pilosité singulière, des islamistes aux barbes broussailleuses aux Basques ainsi coiffés au demi-bol. Que desgracia !

Une manifestation anti-taurine, bruyante et jeune, nous accueille place des arènes. Elle est cependant plus maigre que l’an passé et sérieusement contenue par les policiers ninjas. On a appris ce matin que la maire de San Sebastian s’était publiquement réjouie de l’insuccès de la feria en s’exclamant «  Les gens ont tourné le dos aux toros, et c’est tant mieux ! », avant d’annoncer que son programme électoral prévoyant l’interdiction des corridas allait enfin pouvoir être appliqué. La presse en rend compte sans indignation, comme elle l’aurait fait de toute autre résolution politique, dès lors qu’elle deviendrait majoritaire. On a beau dire, on sent que c’est un peu le début de la fin… Profitons de ce qui nous reste !

A 18h, le ciel est gris- après pourtant une belle journée- avec de vez en cuando quelques trouées d’un soleil de châtiment. Les toros sont merveilleux de présentation, avec des robes variées, et tous astifinos, donnant grand jeu. Quant à Ponce qu’on attend ici avec ferveur, son capote de paseo, chamarré d’or, a des allures « retour des Amériques ».

Ponce torée depuis 25 ans, et une telle longévité lui donne cette patine des rois sans gloire que l’histoire récompense de leur long règne sans crime. Il a torée beaucoup et partout de sorte que  chaque aficionado l’a vu triompher quelque part, et lui en est reconnaissant. Il est sérieux, régulier, appliqué, consciencieux et travaille le geste élégant, ce qui ne lui était pas donné au berceau. Il a évidemment une grande science du toro et sait faire son affaire de tous, surtout des médiocres. Un cumul de telles qualités force le respect. Alors, où est la réserve ? Eh bien, dans le fait que la beauté de ses faenas tient pour beaucoup dans une mise en scène de soi et une muleta surdimensionnée qui laisse le toro à distance. Il a plus de suavité que d’art, et se soucie davantage du beau geste que du geste accompli. En un mot, son toreo est gracieux plus que profond. Sur son premier, lourd, noble qu’il avait fait assassiner en deux piques, et qui se révèlera en effet d’une charge un peu brutale, il sert de jolis gestes suaves dans une pose gracieuse, mais torée du pico, recule et se fait désarmer au pecho. Soyons juste, une ou deux séries, surtout la dernière, le torero très droit, très relâché, toréant soudain plus près du corps, la muleta basse, sont de grande beauté ainsi que les deux passes aidées par le bas, d’une belle fluidité, avant l’épée, celle-ci défectueuse. Saludos très chaleureux.

Enrique court comme un jeune homme au centre du ruedo pour offrir la mort de son second, très noble et mobile, au public, et fait ce qu’on l'a vu faire mille fois, depuis les doblones la jambe ployée du début aux séries lointaines mais allurées sur la droite. De temps en temps, il torée de plus près, la main très basse, et c’est beaucoup mieux.  Seules les naturelles isolées après un changement de main sont belles à voir, les séries à gauche étant toutes accrochées. Mais c’est la fin de fanea qui met le feu à Vista Alegre, avec ces drôles d’exercice d’assouplissement qui m’avaient tellement épaté à Malaga il y a deux ans : accroupi, une jambe en équerre,  le buste à hauteur de mufle, présentant la muleta pour une circulaire qu’un changement de main prolonge pendant que, d’une flexion de la taille, il prend appui sur l’autre jambe, le dos bien droit, toujours à mi-hauteur,  le toro suivant le tissu, interminablement avant une trinchera dans la même position, encore recommencée. Le torero est souple et s’expose incontestablement. C’est beau comme d’un gymnaste, mais cela me laisse froid. Je suis cependant le seul. Deux oreilles sont réclamées, une est accordée et Ponce fait une vuelta lente pour recueillir le plus longtemps possible ces applaudissements qui lui font manifestement encore tant de bien. A la fin, il reste au centre pour saluer et fait durer le moment aussi longtemps que ses faenas. Avec ce torero, il faudrait aussi des avisos pour les vueltas !

David Mora, venu en remplacement d’Ivan Fandino, blessé, est tombé sur un toro de 560 kgs, aux armures gigantesques, bas sur pattes mais de belle allure, très beau à voir …pour le spectateur. Un manso de catégorie, qui reste parado aux banderilles, contraignant les peones à s’exposer- ce qu’ils hésiteront à faire-, à la charge brutale, con genio, qui humilie peu et cherche l’homme. Le début de faena nous électrise, avec des doblones qui châtient la bête. A chaque série, les cites sont croisés au possible et, compte tenu de l’adversaire et du vent, c’est plus que méritoire. Très forte impression d’ensemble  avant les naturelles, la cuisse exposée, et la trinchera, pleine de toreria. Epée parfaite et foudroyante. Une oreille très fêtée pour le modeste. David Mora  offrira son dernier au présentateur télé de la chaîne Canal + avant d’entraîner son toro au centre par trincheras et passes par le bas, très dessinées. Mais la faena demeurera en dessous des qualités d’un adversaire exigeant, au jeu de grande envergure, à la gueule fermée jusqu’à l’épée. Pinchazo, entière trasera. Saluts polis.

Le vocabulaire propre aux robes de toros de lidia est d’une sophistication pleine de poésie. Cigarrero qui sort pour Daniel Luque est décrit comme « berrendo en negro liston algo chorreado meano calcetero lucero gargantillo », soit à peu près « toro à robe blanche avec larges taches en applat noir, dégoulinant légèrement en rayures, à prépuce blanc (!), bas de pattes blancs, tache blanche sur le frontal, et partie inférieure du collier blanc ». Précis sans doute mais il serait plus simple d’annoncer un toro noir en barboteuse blanche, puisque c’est ainsi qu’il  nous apparaît, avec de belles cornes et une allure de toro pour livre d’enfants.  Hélas, il se rue sur la cape les pattes en avant et nous sommes privés des belles véroniques de Luque. De très beaux gestes, templés à la muleta,  la main basse, et deux séries de derechazos, le tissu tremblé par le petit maître pour mander le toro infiniment. Le lié est tel que la série n’en n’est plus une, c’est une seule passe en rond, toujours recommencée. Et avec ça : dans le sitio, le terrain réduit, la muleta près du corps dans une faena allant a mas. Hélas avec l’épée, Luque pincha. Il en saute de rage comme un gosse teigneux - qu’il est. Vuelta très chaleureuse pour la faena la plus complète du jour. Son travail sur le dernier, un « colorado chorreado bragado » (tigré) de toute beauté, manso qui se défend mais ne manque ni de mobilité ni de jeu, à la gueule fermée jusqu’à la mort, sera joli mais manquera de profondeur. Un toreo superficiel face à un adversaire qui méritait mieux.

Oui, de bien beaux Alcurrucen qui offraient plus de jeu que celui qui nous a été donné  à voir, mais trois toreros qui sortent sous les applaudissements.

C’était ma dernière corrida à Bilbao mais le retour en avion réservait encore une belle surprise. Le pilote nous annonce avoir obtenu une autorisation de vol de la côte basque, rare nous précise-t-il, et voler à une altitude de 800 mètres pour nous permettre de profiter de la vue. Et quel spectacle ! Des montagnes verdoyantes se déchirant dans la mer, frangées d’écume, des valons, de sombres calanques, l’océan qui lutte et s’insinue, des rivières et des fleuves comme une main veinée, et des villages lumineux, blottis dans les rias, avant que le tout ne s’apaise le long de plages de sable clair.  Quel pays !